San Antonio, belle et (un peu) trop lisse

Les guides promettaient une ville de San Antonio passionnante : elle l’est, en effet. Mais pas forcément pour les raisons habituellement avancées.  Si sa placidité apparente la rend plus mex que tex, c’est en voulant copier le Mexique qu’elle est la moins convaincante. Son marché nous a déçu. Mercado ou market sont des noms bien peu appropriés pour cette enfilade de boutiques de souvenirs somme toute bien convenue. Nous n’avons rien trouvé ici qui ressemble à une place de commerce populaire digne de ce nom, vivante, colorée et avec un je ne sais quoi d’imprévisible. Et c’est bien cette pointe de folie qui manque à cette ville pourtant magnifique. San Antonio reste étrangère à toute movida.

C’est à l’Institut des Cultures Texanes que j’ai passé le meilleur du séjour. On y découvre les multiples nations qui ont formé le Texas au fil du temps, y compris, avec étonnement, maintes populations européennes, Tchèques, Hongrois, et… Français. Oui, la dimension française du Texas est oubliée, sauf de quelques connaisseurs ou chauvins patentés, et c’est bien dommage, car elle éclaire notre propre histoire : notamment celle des révolutionnaires et bonapartistes après la chute de l’Empire, persécutés chez nous et trouvant un refuge dans le Nouveau-Monde. L’Amérique vivait en paix quand l’Europe se déchirait, notait avec raison Tocqueville. Parmi les Français texans l’on remarque un certain Louis « Moses » Roses, unique survivant du siège d’Alamo selon la légende, couard ou rusé selon le point de vue où l’on se place. Mais s’agit-il vraiment d’une légende ? Peut-être bien que non, car l’Institut décrit ce personnage comme bien réel.

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Quant à se déplacer à San Antonio, c’est toute une affaire. Voiture obligée pour rejoindre les grands magasins (Walmart, Dress for less…) qui ne sont heureusement qu’à quelques minutes. Cette même voiture qu’il faudra oublier pour rejoindre le centre historique. Les places sont rares, le stationnement réglementé et sans compromis : la fourrière peut être appelée pour toute infraction, disent les panneaux. Difficile de savoir ce qui relève de la menace ou de l’intimidation dans cette sombre perspective, mais disons que ce genre de tolérance zéro est bien dans l’esprit du pays. Le parking, lui, est payable d’avance, et pas donné, puisque le tarif très parisien de 3 euros l’heure (j’arrondis) s’applique. Reste à  dénicher une place gratuite offerte, le temps des consommations, par une enseigne de malbouffe ou de fringues quelconque. Mais bon, globalement, la voiture au centre ville, mieux vaut éviter.

Alors, à pied ? Pourquoi pas, la cité se prête aux promenades, encore que le vert des passages piétons est une chose rare et éphémère ! Vigilance requise pour ne pas louper les quelques secondes où le passage est autorisé. Mais cela reste la meilleure alternative, combinée avec le tramway historique qui dessert tous les endroits clefs de cette ville remarquable.

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