Laughlin, pas de quoi rire

Pour rejoindre l’Arizona depuis la Vallée de la mort, nous choisissons l’itinéraire sud, qui nous fera éviter Las Vegas et les éventuels bouchons de sa périphérie. Notre itinéraire passera par Baker, longera le désert de Mojave et nous amènera à notre étape de Laughlin.

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A l’arrêt-essence de Baker notre attention est attirée par une autre moyenne surface dédiée aux extra-terrestres. Celle-ci, sobrement dénommée Alien Fresh Jerky, est moins miteuse que la précédente, non loin de la zone 51, que nous avions visitée entre Vegas et Beatty. Il ne s’agit plus d’artisanat, mais d’industrie. Il y a ici écran géant, reconstitution de bonshommes verts dans un véhicule galactique et son parking est placé sous l’œil inquiétant de visiteurs de l’au-delà. A part ça, c’est un supermarché nunuche, tape-à-l’œil et plan-plan organisé autour du business juteux des créatures aux grands yeux. Pas de quoi fouetter un marchien.

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Rassemblement de verts

Nous ne faisons que longer le désert de Mojave. L’endroit est réputé pour sa beauté, mais nous avons notre content d’étendues désolées et du plein soleil. Curieusement, son panorama paraît très différent de celui offert par la Vallée de la mort, avec ses Joshua trees (ou arbres de Josué) qui s’élancent vers le ciel en un immuable De profundis clamavi.

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Joshua tree

L’étape du soir se nomme Laughlin. Cette petite ville construite autour du Colorado est un Las Vegas du pauvre, avec hôtels et casinos de second plan. Son atmosphère ne reflète en rien l’hystérie de la grande sœur plus au nord.

L’on vient ici en famille. Ce qui pourrait sonner sympathique au premier abord tourne au tragique quand on essaye de faire sa place dans la piscine bondée, entre les éclaboussures de gamins ventripotents et beuglements de pères dodus qui interpellent leur marmaille. Beaucoup de Latinos dans cette galerie boudinée mêlant Botero aux pires séquences du Fantasia de Disney, quand les hippos en tutu écrabouillent la Danse des heures de ce pauvre Amilcare Ponchielli. Cette exhibition de bouffissure satisfaite me plonge dans la dramatique réalité de cette Amérique vulgaire et beauf que je n’avais pas rencontrée au Texas.

Bourrelets mis à part, le site reste agréable et nous profitons depuis l’hôtel River Lodge du beau tableau de la vallée du Colorado ouverte sur un horizon accablé de soleil.

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Vue depuis le 10e étage de la River Lodge

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