L’aller de la dernière heure

Ce n’est jamais bon signe quand une cascade de notifications signées Air France font vibrer simultanément vos appareils connectés, surtout quelques dizaines de minutes seulement avant le départ pour l’aéroport.

Le message, décliné par une série de textos et de mails et multiplié sur les appareils en autant d’exemplaires qu’il y a de passagers, disait simplement que le vol aller Paris-Detroit aura deux heures de retard, que tout le monde s’excuse et voilà.

Comment ça et voilà ? Que devient alors la correspondance pour Chicago au départ de Detroit ? Un coup de fil au service clientèle d’Air France (j’aurais voulu écrire « un coup de fil rapide », mais ce récit ne relève pas du genre de la science-fiction) me confirme qu’en effet, la correspondance envisagée n’est plus qu’un aimable souvenir. Il n’y a donc aucune solution. Detroit connexion is dead.

Sauf, me glisse-t-on, à changer de vol pour faire escale à Atlanta.

N’ayant pas construit mon voyage autour de l’escale du vol aller dans la bonne ville de Detroit, j’accepte l’offre avec soulagement. Nous partirons quasiment à l’heure prévue, pour rejoindre Chicago peu avant minuit.

Seul hic, nous embarquerons sur Delta Airlines, au lieu d’Air France. Ce changement me prive de ma joie annuelle d’actualiser ma connaissance des derniers navets bien-pensants. L’offre Delta, tout aussi bien pourvue en films bébêtes, ne joue pas dans la même catégorie « Dupont-Lajoie repentance day » pour préférer des effets spéciaux made in USA en VO non sous-titrée.

Je me rabats sur la presse qui compense largement cette déception. Libération (ou était-ce Le Monde ?) dévoile enfin la source du terrorisme en pointant la faute de l’Occident avec les accords de Sykes-Picot.

Je lis ensuite dans Le Monde (ou était-ce Libération ?) que ceux qui critiquent le burquini aujourd’hui sont les mêmes affreux jojos qui s’offusquaient du bikini hier.

Rassuré de la haute valeur morale et historique des fleurons de notre presse, je me réfugie dans l’écoute d’enregistrement audios (inaudibles dans un avion…) en attendant Atlanta.

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Symphonie du Nouveau Monde, bien vu Delta !

L’impression de désordre organisé – qui marque immanquablement l’arrivée aux Etats-unis – nous étreint dès l’aéroport d’Atlanta. C’est toujours le premier contact avec les USA qui est difficile. On est pressés, mais rien ne bouge. On a peur de se faire recaler à cause d’un papier mal rempli ou d’une tracasserie administrative quelconque, et à cette impatience vient s’ajouter celle de devoir attraper le vol de correspondance.

On parle à des gens qui ont l’air de s’en moquer. Cette désinvolture – ou du moins ce que nous prenons comme telle – semble toutefois révéler autre chose : la confiance en un système éprouvé. L’employé qui vous demande d’attendre ne se moque pas de vos soucis, mais sait que l’organisation des choses apportera bientôt une solution à ces mêmes soucis. Une correspondance hasardeuse ? Le type qui gère la file d’attente en convient peut-être (un hochement de tête nous fait comprendre qu’il a compris que nous avions un problème sans lui-même se prononcer sur la réalité de ce problème), mais nous demande de rester dans la file comme tout le monde.

Et finalement tout se déroule comme prévu. Nous aurons notre avion pour Chicago. La situation s’est parfaitement arrangée, comme à chaque fois en arrivant aux USA.

 

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