Short ride to some fast machines

Nous avions choisi AirBnb pour habiter chez l’habitant et nouer des contacts avec des citoyens américains. Pour cette unique nuit près de Saint-Louis, c’est raté. Les propriétaires sont selon toute vraisemblance partis en week-end. En guise de dialogue, nous n’avons parlé qu’aux chiens.

saint-louis Cave city.PNG

La longue étape de la journée doit nous permettre de rejoindre Cave City, dans le Kentucky. Route sans aucun souci, sitôt quittée la région de Saint-Louis décidément peuplée de conducteurs mal embouchés. Un arrêt carburant nous instruit sur l’esprit qui souffle dans cette région. Des livres créationnistes sont à la vente, qui veulent démontrer comment les dinosaures sont le fruit de la Création. Des autocollants soutenant le 2e amendement (autorisant le port d’armes) côtoient des appels à la défiance des élites. Nous sommes bel et bien dans la Bible Belt, fief des électeurs de Trump.

Sur notre route se trouve le musée Corvette, voué à la gloire de la mythique automobile américaine. L’Europe n’est jamais très loin : le logo comporte une fleur de lys, Chevrolet, propriétaire de Corvette, était le nom d’un champion suisse, et l’on s’amuse de trouver la silhouette débonnaire du bibendum Michelin à chaque coin de l’exposition. L’on ne connaît pas assez l’affection du Kentucky pour le héros clermontois !

Les Corvettes ne sont pas rares sur les routes américaines. On les voit souvent fuser comme des squales jaunes, faufilant leur rostre effilé parmi les trucks Peterbilt. Il faut dire qu’elles sont bon marché – toute chose égale par ailleurs, s’entend. Disons qu’on peut s’en procurer à l’aise quatre ou cinq avec le budget d’une seule Ferrari, pour des performances comparables voire supérieures, à en croire les fans américains.

Une vraie gueule

Une vraie gueule

La visite du musée donne à voir toutes les générations de Corvette depuis la création de la famille, en 1953. Il faut bien dire que les premières années offraient des modèles qui avaient de la gueule. Du chrome, de l’allure, une dégaine de bad boy prêt à en découdre. Le genre de bagnole qui incite à réviser son contrat Matmut avant de tenter la queue de poisson.

Ces témoignages d’une époque dorée portent un peu d’ombre aux productions récentes, gros joujoux colorés à l’allure passe-partout qui se démarquent à peine, pour l’observateur non averti, des bolides européens.

Corvettes modernes

Corvettes modernes

Un novice comme moi reste sceptique sur l’innovation dont Corvette aurait fait preuve : à en croire le musée, ses concepteurs auraient inventé le crash test, les carrosseries en fibre de verre et seraient en pointe dans le domaine très select des voitures de course grand public. Pourquoi pas, mais je veux bien être pendu (ou fusillé, si cela fait plaisir à la National Rifle Association) si j’ai jamais entendu proférer pareille chose en Europe.

Le musée insiste lourdement sur l’effondrement de terrain qui s’est produit en 2014 au beau milieu de l’édifice même, engloutissant plusieurs modèles de valeur, difficilement remontés depuis et exposés dans leur état abîmé. L’événement aurait fait la Une de toute la presse. J’avoue n’en avoir aucun souvenir.

Les lignes légendaires du Lockheed Shooting Star

Les lignes légendaires du Lockheed Shooting Star

A dix minutes du musée Corvette, l’Aviation Heritage Park expose en plein air cinq authentiques avions de chasse. Ce n’est pas un musée comme Planes of Fame : les jets sont ici déposés sur le gazon et une simple pancarte permet de prendre connaissance de leur histoire. Mais il est possible de parfaire son instruction en se branchant sur une radio FM qui remplace avantageusement un guide (belle idée !). Le T-38 Talon (drôle de nom, mais il sonne mieux que F-38 Lefuneste) vient, étrangement, des surplus de la NASA. Un beau Shooting Star rappelle les engagements de Buck Danny en Corée, avant que les Sabre ne viennent se mesurer aux MiG-15. Une grande tente cache un Phantom en rénovation. Le très laid F-111 tire pour sa part une tronche accablée digne de Droppy dans ses mauvais jours.

La tronche de chien battu du F-111 Aardvark

La tronche de chien battu du F-111 Aardvark

Ce même appareil est baptisé du nom « Statue de la Liberté ». Encore une évocation française dans l’Amérique profonde. Cocorico !

Sur le F-111

Sur le F-111

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