Les lumières de Nashville

Une pub géante à Nashville. Noter les deux militaires sur le toit, Independance Day oblige.

Une pub géante à Nashville. Noter les deux militaires sur le toit, Independance Day oblige.

Nashville, dans le Tennessee, se proclame sans façon capitale de la musique. Je dois être vieux jeu, car quand on me parle de ville musicale, j’ai tendance à penser à Vienne, Milan ou Prague, mais certainement pas à Nashville.

Music City

Music City

Bien entendu, il ne s’agit pas de « la » musique, mais de « leur » musique. Nashville mise tout sur la Country. Des guitares géantes sont au coin de chaque rue. Des sortes de juke-box se mettent à hurler quand vous passez à proximité. Un flux musical continu sort des bistrots. L’entrée du bar-restaurant Acme héberge une radio qu’une simple façade vitrée sépare de la rue.

Un supporter de Trump à l'aise sur son pick-up

Un supporter de Trump à l’aise sur son pick-up

Au premier abord, la ville ne suscite aucun enthousiasme particulier. Comme à Saint-Louis, elle est jonchée de nombreux travaux publics qui découragent son exploration. Le rues présentent un curieux mélange d’historique et de moderne. L’on passe sans transition de quartiers branchés à des friches ingrates peuplées de homeless.

Un musicien au repos dans Broadway Street

Un musicien au repos dans Broadway Street

Notre première visite nous mène cependant dans un endroit très huppé. L’hôtel The Hermitage à 300 dollars la nuit – pour le premier prix – prodigue une opulence digne des meilleures maisons européennes. On n’est pas étonné d’apprendre que plusieurs présidents sont passés par cet endroit à l’exubérance un peu étouffante.

The Hermitage Hotel à Nashville

The Hermitage Hotel à Nashville

Mais le haut lieu de la cité est le Musée de la musique Country. Un incontournable, selon nos guides et les avis piochés sur l’internet. Peut-être qu’il nous aidera à mieux comprendre l’arbre généalogique compliqué de ce genre pourtant vieux de moins d’un siècle. A vrai dire, on le visite en haussant les épaules devant ces costumes à franges et ces grands chapeaux à paillettes soigneusement rangés derrière des vitrines. A moins d’être un spécialiste aguerri du genre country, l’enfilade de dizaines (ou de centaines) de noms d’artistes ne parle absolument pas au non-initié, et comme ce musée ne permet nullement de prendre connaissance de ce qui fait la valeur de chacun, on reste sur sa faim tout en regrettant l’argent du ticket d’entrée.

Il est fort regrettable de ne pas être guidé dans la découverte d’un domaine qui prétend présenter une telle richesse – il est dès lors difficile de faire le tri, dans ce fouillis, entre les modes passagères et les créations plus marquantes. Et nous sommes décidément trop loin des goûts locaux pour apprécier ces chansons stéréotypées (selon notre perception).

L'Amérique a bon dos

L’Amérique a bon dos

Nashville entend fêter en grande pompe le 4 juillet. Bizarrement, tous les efforts déployés (ils sont nombreux, et visiblement pris en sérieux) donnent l’impression que cette cité s’ingénie à récuser son image provinciale. Ce sont les tentatives d’un paysan voulant s’affirmer dans la société, et dont l’assiduité un peu outrée peut faire sourire. Le speaker glorifie à chaque prise de parole Nashville la grande. Quand nous demandons si les festivités locales l’emportent sur celles de New York, nous n’obtenons qu’une réponse narquoise : « New York ? We don’t need them ! »

La foule devant Cumberland River

La foule devant Cumberland River

Le « plus grand feu d’artifice des Etats-Unis » nous est promis. Il y a foule, mais pas ce genre de foule oppressante si pénible en Europe. Ici, chacun peut respirer et conserver sa petite bulle bien à lui. L’ambiance est bon enfant, amicale même, gâchée pourtant à mon avis (mais je dois être le seul) par une sonorisation abrutissante. La vente d’alcool est interdite, sauf en quelques coins dûment autorisés : nous ne verrons aucun poivrot américain.

And the rockets' red glare, the bombs bursting in air, Gave proof through the night that our flag was still there.

And the rockets’ red glare, the bombs bursting in air, Gave proof through the night that our flag was still there.

Les feux d’artifice sont réussis. Suivant la loi du genre, ils vont croissant en matière de pétarade et de bouquets de figures, et les organisateurs ont eu la bonne idée de faire accompagner la pyrotechnie par l’orchestre symphonique de Nashville. Bizarrement le programme est assez chiche en musiques spectaculaires américaines (dommage au vu du répertoire !) et propose des tranches de Rossini ou Tchaïkovski. On ne voit pas très bien ce que vient faire l’Ouverture 1812 avec sa citation de l’hymne tsariste en plein Independance Day…

Déjà fini ?

Déjà fini ?

En rentrant à la maison, nous suivons un sentier d’où s’envolent des nuées de lucioles. Nous admirons le patriotisme de ces coléoptères, honorant en ce jour historique le très officiel statut d’insecte d’état conféré par le Tennessee.

 

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