Lafayette, nous voilà

Vicksburg-Natchez-Lafayette

Vicksburg-Natchez-Lafayette

Sous un ciel menaçant, nous reprenons la route plein sud. Au bord de la falaise de Natchez, une époustouflante collection de maisons antebellum – entendez d’avant la Guerre de Sécession – contemplent le Mississippi.

Maisons de la Natchez antebellum

Maisons de la Natchez antebellum

La ville, autrefois joliment appelée Fort Rosalie, est embaumée par des magnolias. Les fleurs par milliers en tapissent les rues, ajoutant au charme de ce port jadis prestigieux.

Rues de Natchez

Rues de Natchez

Plus loin, la Plantation Rosedown est ouverte aux visiteurs. On la rejoint en suivant une route bordée d’arbres magnifiques – et peut-être aussi antebellum. La grande maison blanche possède un faste tout français. La tapisserie de l’entrée est un hommage à notre Moyen-Âge, et la bibliothèque expose un exemplaire d’époque de l’Ecole des Femmes. Qui l’eût cru, on lisait Molière en Louisiane ! Un minuscule escalier, caché derrière une porte de placard, était réservé aux esclaves.

Plantation Rosedown

Plantation Rosedown

Au jardin, des arbres immémoriaux prisonniers d’une abondante mousse espagnole prennent des silhouettes de monstres antédiluviens.

Au jardin

Au jardin

Nous faisons le tour avec deux Américaines. L’une parle un français fluide truffé d’anglicismes. Surprenant, mais compréhensible. Pratique-t-elle cette langue tous les jours ? « Non », me répond-elle. « Quand j’étais jeune, je parlais français en famille, avec mon grand-père, mes cousins. Maintenant c’est fini ». Les visiteuses viennent du côté de Napoleonville, en pays cajun. La discussion tombe naturellement sur Maniouel Macwonn qui reçoit en ce moment Donald Trump. Un type que nos interlocutrices ne portent visiblement pas dans leur cœur : « Well, you can keep him ! »

Une averse nous étrille alors que nous prenons la route de Lafayette. Vraiment une averse ? Cette eau gerbe de toute part, déborde la route, forme des mares tempétueuses sur les bas-côtés en déferlant sans trêve sur la voiture. Les essuie-glaces crient grâce, impuissants à évacuer les gallons de flotte qui s’abattent sur le pare-brise. On se croirait dans une scène choc signée Roland Emmerich. Je reste prudemment sur la file de droite, scrutant les feux de la voiture qui me précède dans la mélasse, le pouce prêt à enfoncer le bouton de freinage assisté qui garnit le levier de vitesse automatique. Sur les côtés défile une région complètement inondée. Des poteaux électriques illuminés par la foudre surgissent de l’eau. Serions-nous en train de vivre un nouvel ouragan Katrina ?

Nous saurons assez vite cette inondation était en réalité le grand marais d’Atchafalaya. Les poteaux plantés dans l’eau sont tout ce qu’il y a de plus banal par ici, et, somme toute, cette pluie drue est pure routine. Bienvenue en Louisiane !

Notre hôtesse à Lafayette a la salutaire idée de nous ouvrir son garage. « Oh, ici le temps est imprévisible », confirme-t-elle dans un sourire. Nous en restons secs.

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