L’Amérique hors des guides

Me laisseront-ils vivre dans le Montana ? Alors je vivrai dans le Montana. J’épouserai une Américaine plantureuse, j’élèverai des lapins et elle me les cuisinera. J’aurai une camionnette à plateau, et peut-être même un tout-terrain. Je passerai d’Etat en Etat. On a le droit de faire ça ?

Mais oui, on a le droit de faire ça. Les Etats-unis, ce ne sont pas les steppes de l’Asie centrale,  mon cher Vassili Borodine, commandant en second de l’Octobre Rouge dans le film en narrant la poursuite. L’aspirant transfuge aurait pu se douter que son interrogation si naïve ne lui apporterait que des déboires. Une règle d’or hollywoodienne ne veut-elle pas que tout personnage faisant des plans sur son futur finisse zigouillé avant le générique de fin ? Accessoirement, user du terme de lapin, pour un marin, appelle à coup sûr le mauvais œil. Que n’eût-il pas plutôt évoqué les Bêtes à Grandes (ou Longues) Oreilles, comme l’usage le veut sur les étendues maritimes tropicales ou australes ! Mais bon, élever des BLO dans le Montana, c’est tout de suite moins évocateur, faut reconnaître.

Cela dit, le Montana, cette année, ne sera qu’une étape. Prometteuse certes, mais une simple étape dans un circuit qui pour une fois ne nous mènera pas dans des endroits connus. Grands Canyons, Graceland, bayous et pays de Mark Twain sont derrière nous. Nous sommes en quête, voyez-vous, d’autre chose. Cette fois-ci nous suivrons une large trajectoire dans l’Amérique profonde, celle dont les guides ne parlent pas, ou si peu. Deux grandes villes seulement : Seattle, pour commencer, et San Francisco/Oakland, pour finir. Entre les deux, l’ouest hors sentiers touristiques, à la seule exception de Yellowstone, le parc où le touriste peut se mesurer à un ours noir ou parfaire une existence dissolue dans un lac acide.

La promesse est donc celle d’une longue randonnée entre des cités de taille moyenne, à l’affût d’une certaine Amérique secrète et peut-être – l’avenir nous le dira – méfiante envers les étrangers. Nous verrons des villes fantômes et contemplerons à l’ouest du pays mormon des communautés fondées, peut-être, par mes lointains ancêtres basques. Bref, campagne, grands espaces et, on l’espère, heureuses surprises.

Nous commençons donc par Seattle. Une grande ville qui n’évoque rien, sauf quelques séries TV et l’image d’une grande tour, comme le monde d’aujourd’hui en comporte tant. Mais qui irait faire spontanément une virée à Seattle ? Que trouver d’exceptionnel à faire dans ce cul-de-sac venteux, aux confins du Canada ?

A vrai dire on n’en sait rien. Mais c’est aussi pour cela que nous partons.

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