Balles réelles à Spokane

La présence latino n’est pas le seul motif d’étonnement dans l’état septentrional de Washington. On a beau se trouver à bonne distance des merveilles géologiques de l’Arizona, du Nevada ou de la Californie, nous trouvons ici une nouvelle splendeur de la nature. Les Dry Falls datent de l’âge de glace. Elle ont figé pour l’éternité ce qui fut une cascade gigantesque entourant aujourd’hui des marais où miroitent d’énigmatiques reflets.

Dry Falls, Etat de Washington

Dry Falls, Etat de Washington

Cette splendeur est méconnue, éclipsée par la collection magnifique des panoramas du grand sud. Elle serait une destination de choix dans n’importe quelle contrée, mais ici, à l’écart du tourisme mainstream, elles dorment dans une relative obscurité. Peut-être faut-il s’en féliciter, au vu de la tranquillité de cette contemplation rendue possible par l’absence de meute touristique.

De Toppenish à Spokane en passant par Dry Falls

De Toppenish à Spokane en passant par Dry Falls

A deux heures de route, vers l’est, voici Spokane. Ce nom ne dit pas grand chose. C’est pourtant la deuxième plus grande ville de l’Etat. Et la cité à l’origine de la fête des pères, à en croire les gens d’ici. On ne dira jamais assez ce que les fabricants de pâte à sel et de papier crépon doivent à Spokane.

Point de chute (heureusement)

Point de chute (heureusement)

La ville, cela dit, est plutôt agréable, passée une immense banlieue terne. Son centre s’organise autour de belles cascades, qu’il est possible de survoler en téléphérique. Des boutiques a priori avenantes, et même une vraie librairie que l’on visite avec ravissement, tant ce genre de commerces est rare dans ce pays. J’achète quelques livres d’occasion sur la seconde guerre mondiale ; je suis curieux de découvrir dans le texte quelques témoignages de héros de la Guerre du Pacifique ou de la Libération.

Ce havre de culture est naturellement anti-Trump et le fait savoir par un poster parodiant Hulk, le super-héros vert pomme et stupide. Mais la librairie ne s’arrête pas là, elle déclame son amour du genre humain et des différences dans un tract arc-en-ciel qui ravirait la Mairie de Paris.

Nous tombons pendant les célébrations de la Hoopfest, gigantesque tournoi de basket-ball. Toutes les rues du centre sont réquisitionnées pour permettre la tenue de dizaines de parties simultanées, où se produisent pros et amateurs de tout âge.

Un truc à l’américaine : atmosphère bon enfant, sonos à fond et mauvais goût assumé. Une spectatrice arbore même un tee-shirt où est inscrit le doux nom d’Adolph. Un hommage subtil au regretté Philip Roth, auteur du Complot contre l’Amérique ? On n’ose le croire.

 

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3 réflexions sur “Balles réelles à Spokane

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