SOS ville fantôme

Enfin le Montana ! La longue route depuis Spokane – fort agréable, il faut le dire, mais enfin, bien longue tout de même – nous rapproche des terres intérieures. Sur le trajet, quelques travaux, beaucoup de nature, une ville, Missoula, réputée pour son activité culturelle. A tort, peut-être. La preuve ?  David Lynch y a vu le jour.

De Spokane à Helena

De Spokane à Helena

Et enfin l’étape du jour, Helena, capitale d’Etat. Nous prenons possession en cette fin d’après-midi de notre chambre d’hôtel, dans un quartier désert. Pourtant, un regard sur la carte nous enseigne que le Capitole, siège du parlement local, est tout proche. Une courte balade à pied nous y mène. On trouvera sûrement au cœur historique de la cité matière à se détendre avec les gens du coin, dans le giron de quelque troquet accueillant capable d’apporter au voyageur éreinté un bien-être salutaire.

Mon nom est personne

Mon nom est personne

Hélas ! Est-ce vraiment une capitale ? Aucun immeuble élevé ne vient boucher l’horizon, quand on s’attendait à voir le couchant se refléter sur l’arête de gratte-ciels grandioses. Encore mieux, dans cette agglomération toute plate découpée en blocs, nul être humain ne se manifeste. Helena serait-elle une ville fantôme ? J’ai l’impression de me trouver dans La souris qui rugissait, quand les soldats du Duché du Grand Fenwick débarquent dans un New York en alerte nucléaire.

Capitole d'Helena

Capitole d’Helena

Voici le Capitole, posé sur un gazon impeccable, solennel et pontifiant dans ses murs en simili-stuc. Seule silhouette humaine à l’horizon, celle d’un héros inconnu juché sur sa monture de pierre. Nous poussons la grande porte : l’édifice est fermé. Bref : pas de gaudriole au Capitole. A deux pas, un énorme crâne occupe la pelouse devant un musée.

Cornes de bouc

Cornes de bouc

Renseignements pris, il s’agit d’une oeuvre d’art. Pourquoi pas ! Mais chez nous, au moins, certaines œuvres d’art sont habitées. Or ici, point d’Abraham, point de cheval. Où sont les gens ? Où est donc l’homme de la rue, dans la cité qui vit naître Gary Cooper ? La ville est-elle donc condamnée au silence en ce dimanche ordinaire ? Si j’avais un million, je quitterais ce jardin du diable. Même Dallas, ville frontière, serait un retour au paradis dans cette big country. Ô trains, qui par trois fois siffliez (ou lanciez, c’est égal) votre souffle sauvage à l’approche des carrefours de la ville, avez-vous cédé à la loi du seigneur ?

Enfin quelqu'un (mais de mauvais poil)

Enfin quelqu’un (mais de mauvais poil)

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2 réflexions sur “SOS ville fantôme

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