Lewis, Clark et moi

Les gens, nous les retrouvons le lendemain, pour une expédition navale sur le Missouri. Les Portes des Rocheuses (Gates of the Rocky Mountains) furent ainsi nommée selon le récit de Lewis et Clark. Il n’est peut-être pas inutile de préciser, au vu des réflexions de quelques Français, que ces deux compères ne formèrent pas un couple de comiques, façon Abbott et Costello, et qu’ils n’ont pas davantage de lien avec Superman, Dr Jekyll ou Mr Love. Lewis et Clark étaient deux explorateurs chargés de défricher la route du nord-ouest vers le Pacifique, au tout début du XIXe siècle. Un voyage de deux années, quatre mois et dix jours, dont le récit homérique devait durablement marquer l’imaginaire de la jeune nation.

Helena - Gates of the Mountains

Helena – Gates of the Mountains

Le profond canyon que nous visitons aujourd’hui fait partie de la collection de prodiges naturels du continent. Encore un canyon ! Oui, mais cette fois-ci navigable entre deux falaises, sous le vol des pélicans et des aigles pêcheurs. « Il est rare d’en voir, explique le guide. Mais en ce moment, c’est la bonne époque, n’est-ce pas ? ». Le 4 juillet approche, et l’allusion patriotique prend toute sa valeur, soulevant l’approbation bruyante d’un public tout conquis. L’histoire de ce pays aurait-elle été différente si l’inoffensif dindon sauvage avait été retenu comme emblème, ainsi que l’avait suggéré Benjamin Franklin ?

Présage du 4 juillet

Présage du 4 juillet

Toujours est-il qu’après les Dry Falls, c’est le deuxième site splendide et méconnu qu’il nous est donné de contempler, tout aussi remarquable que les grands parcs nationaux du sud, fréquentés à satiété par des routards accoutrés chez Décathlon.

Portes du Missouri

Portes du Missouri

Et ça continue ! Sur le chemin de Sheridan, Montana, nous faisons un détour pour visiter les Lewis and Clark Caverns. Oui, encore eux. Renseignements pris, ils ne furent pas les découvreurs de cette immense grotte, connue des natifs et explorée la première fois par des blancs à la fin du XIXe.

Route vers les Grottes dites de Lewis & Clark

Route vers les Grottes dites de Lewis & Clark

Personne sur la route panoramique encadrée par des contreforts pentus ; sur place, que des Américains. Encore un endroit admirable ignoré par les étrangers. On sait pourquoi : nos guides n’en parlent pas, ou si peu. Manque de curiosité intellectuelle ? A moins que l’on ne juge pas la visite d’une grotte, pour intéressante qu’elle soit, suffisamment digne d’intérêt pour les ressortissants du pays de Padirac. Je ne saurais comparer leurs mérites respectifs et dire si l’Américaine vaut vraiment la visite, mais je peux témoigner de l’ahurissante palette de paysages souterrains offerts par les Lewis & Clark Caverns.

Stupéfiant

Stupéfiant

Chutes pétrifiées, figures étranges et troublantes formées par des concrétions millénaires, « salles » des merveilles que l’ont rejoint par des boyaux parfois étroits. Il faut s’accroupir çà et là pour cheminer plusieurs mètres dans cet univers pétrifié et humide, prendre soin à ne pas glisser sur la roche insidieuse tout en respectant la consigne ferme de ne pas toucher les stalagmites – comme toujours, les instructions les plus impératives sont données avant la visite par un ranger tout sourire. Et, ce qui ne gâte rien, il faut veiller à murmurer pendant l’exploration, pour ne pas déranger les chauves-souris à grandes oreilles qui ont élu domicile dans cet endroit d’exception.

Parc naturel des grottes

Parc naturel des grottes

 

Publicités

Une réflexion sur “Lewis, Clark et moi

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s