Stars, Stripes et Euskadi

« Les conducteurs doivent se préparer à effectuer des manœuvres de dernière minute. La conduite est généralement plus rapide et plus agressive qu’aux États-Unis. »

Les conseils aux voyageurs dispensés par le gouvernement américain aux futurs visiteurs de la France caractérisent par défaut la façon de conduire au States : une philosophie de la route qui fait d’un déplacement un simple moment de la journée comme un autre, un espace de temps à part entière où engueulades et coups de sang sont hors de propos. On s’installe au volant comme dans son salon. La circulation, loin des grandes métropoles, est une opération sereine où nul stress ne vient s’inviter.

Go west

Go west

Le cliché des grands espaces prend toute sa dimension dans la campagne. L’horizon grand ouvert offre une nature à perte de vue. Nous traçons une route au long cours dans un océan minéral seulement bordé par des cordillères lointaines ou la rotondité de l’horizon. Un capitaine au long cours ne doit pas éprouver autre chose du haut de la dunette.

Il est toutefois facile de se laisser abuser par le ruban noir filant droit vers l’infini. Le conducteur désœuvré doit dès lors se garder du gibier pouvant surgir à l’improviste : sans doute le plus grand danger par ici, accentué par le doux confort d’une conduite  placide assistée par le régulateur de vitesse.

De Bellevue à Boise

De Bellevue à Boise

Après Bellevue et la Sun Valley, cap sur la capitale de l’Idaho. Seuls les candidats à Question pour un champion, j’imagine, peuvent citer spontanément son nom : Boise.  Evidemment prononcé à la sauce locale, à savoir « boïssi ».

C’est vrai qu’il fait beau ici. Après Helena, la morte-vivante, nous retrouvons enfin une cité qui tient son rang. On n’échappe certes pas à l’inamovible capitole d’état écrasant de solennité, devant lequel une réplique parfaite de la Liberty Bell philadelphienne a été exposée. Mais les rues alentours sont garnies de petits commerces où l’animation fait plaisir à voir. Atmosphère tout en politesses et bien comme il faut. Un peu trop lisse peut-être : nous ne sommes plus chez les cow-boys.

Une croix basque à l'entrée du quartier

Une croix basque à l’entrée du quartier

Nous serions en vérité bien davantage chez les Basques. La ville rend un hommage appuyés à ces voyageurs qui contribuèrent à l’histoire de l’Amérique en général, depuis l’odyssée de la Santa Maria, et au développement de cette région en particulier.

Stars, stripes et Euskadi

Stars, stripes et Euskadi

« Les Basques étaient durs à la tâche, obstinés, capables de s’investir dans des tâches ingrates », nous apprend le Basque Museum & Cultural Center. Il fallait du caractère pour venir s’installer dans cette région inhospitalière, alors désertique et pleine de périls. Leur abnégation valut aux Basque une juste reconnaissance. Ils devaient former une partie intégrante de la nation américaine, tout en se souvenant de leur héritage européen – surtout de la péninsule ibérique, il faut le dire, les régions basques françaises ne sont qu’évoquées en passant.

Ornements qui collent (aux basques)

Ornements qui collent (aux basques)

Le petit musée est très bien fait, avec une exposition d’antiques photographies de Basques d’ici ou d’Europe rendues en trois dimensions. Nous n’échappons pas à la galerie patriotique des Américanos-Basques qui s’illustrèrent pendant les différents conflits, présentée au son du générique de Brothers in arms.

Fresque commémorative du peuple basque

Fresque commémorative du peuple basque

Le petit quartier basque, une ville dans la ville, se visite avec plaisir. Une fresque murale rappelle l’histoire de ce peuple en quelques images. Sur un trottoir, nous croisons un type coiffé du traditionnel béret. Il est en train de faire mijoter une généreuse paëlla dans une large poêle.  Pas un plat basque, il est vrai, mais dans un pays qui entretien des rapports très particuliers avec la gastronomie, une telle occasion ne se loupe pas. Crevettes, riz et petits légumes seront pour une fois notre ordinaire du jour.

Tony, l'homme à la paëlla

Tony, l’homme à la paëlla

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