Misère au soleil

Lac Tahoe, Sacramento, Oakland

Lac Tahoe, Sacramento, Oakland

Nous entrons dans Sacramento, la capitale californienne. On a beau fuir les clichés, ils vous rattrapent au galop : sitôt garés au centre de Sacramento, nous voyons surgir un jogger tous pectoraux déployés. Au ralenti, ce Schwarzenegger en petites foulées aurait fait un tabac dans Baywatch.

Bled runner

Bled runner

Sacramento est une ville tranquille. Trop, sans doute : en ce dimanche, les rues sont vides et les commerces fermés. Un seul resto est ouvert. Mais quel resto ! Tous les noceurs du coin se donnent rendez-vous à Pizza Rock, sous une voûte imitant celle de la Chapelle Sixtine : dans la version californienne, Dieu le Père tend à Adam une guitare électrique. Bien sûr, il n’y manque pas, au pays de Mickey, l’ange.

Effet bœuf sous le toit

Effet bœuf sous le toit

Question déco, on a vu grand. Un énorme camion a été encastré dans un mur et l’engin surplombe ainsi une partie de la salle. Et ce cauchemar droit sorti de Duel se met à beugler comme mille diables quand les buveurs de Bud Light célèbrent un happy birthday. On l’a compris, ce n’est pas un resto zen.

Coucou suisse, version Californie

Coucou suisse, version Californie

La route pour finir nous mène dans le voisinage de San Francisco. Les tarifs de cette dernière ville étant ce qu’ils sont pour l’hébergement, nous nous sommes rabattus sur Oakland. Non sans déplaisir d’ailleurs, fidèles à notre volonté de ne pas aller « là où tout le monde va ». Et puis, nous avons déjà visité San Francisco en 2011. Cette fois-ci, nous irons dans ces coins que nous ne connaissons pas encore.

Fresque murale à Oakland

Fresque murale à Oakland

A quoi ressemble Oakland ? Il faut bien le dire : à une banlieue digne de certaines zones franciliennes, et pas des plus fréquentables. « Il ne faut rien laisser de visible dans la voiture, nous dit notre hôte. Il y a sans cesse des vols, et on ne compte plus le nombre de vitres cassées. Et si vous sortez le soir, il vaut mieux rentrer avant dix heures. Bon, il n’y a pas vraiment de danger, mais c’est préférable ».

Cette litote prudente a tout pour inquiéter. Une virée dans la cité nous instruit. Pas grand chose à voir avec Frisco : peu de commerces, pas de touristes. Nous devons être les seuls, en tout cas les seuls à oser mettre le nez dehors. Les rares magasins drainent une clientèle déclassée, des hommes en haillons, des familles musulmanes avec femmes en voile intégral, et partout une crasse qui fait croire que le ramassage des ordures n’a pas cours. Un type, en pleine rue, beugle je ne sais quoi. Je me demande un instant s’il parle au téléphone mains-libres, mais non, il n’a pas d’oreillette – ou alors si discrète qu’elle est invisible. Il est vrai que je ne suis pas allé voir de près. On se dirige vers l’autoroute : sur la bretelle d’accès, la voiture doit se frayer un chemin précautionneux entre immondices et tentes d’homeless dressées à même la chaussée.

Jack London Square

Jack London Square

Seul coin fréquentable – mais, du coup, vraiment trop select pour être honnête – est le Jack London Square, une marina aménagée caressée par le vent marin. Là, au clair de lune, l’on médite sur la condition du peuple de l’abîme.

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