Vers l’intérieur

Un paradis noyé sous le béton. L’histoire de Playa del Carmen ressemble à s’y méprendre à celle de Cancun. Les touristes enthousiastes qui arrachèrent jadis cette plage de sable fin à l’anonymat se sont reproduits comme des lapins australiens, si bien que le littoral aligne désormais clapiers à perte de vue.

Trucs à touristes

Trucs à touristes

Nous étions venus il y a longtemps à Playa del Carmen. Ce n’était déjà plus le village de pêcheurs mais pas encore l’immense usine à faire cracher des billets verts. Le carrefour où se tenait Moises, un type au faciès du Manolo de l’Oreille cassée, s’efforçant de louer des Coccinelles à des gringos en quête d’exotisme, s’est mué en un large rond-point surplombé par un centre commercial de quatre niveaux. Nous allons vers la plage. L’eau autrefois cristalline semble charrier des torrents de boue. Pourquoi ? On ne sait pas.

Golfe pas très clair

Golfe pas très clair

Je parle avec un gars qu’on a posté là, histoire de vendre des babioles à des gringos peu regardants. Ce qui est bien au Mexique, c’est qu’il est possible de briser la glace et d’engager facilement la discussion. Le gars qui s’efforçait il y a trente secondes de te vendre on ne sait quelle horreur bigarrée se révèle être le plus attentionné des interlocuteurs.

Tu vois cette partie de la plage ? dit-il en désignant la partie nord du littoral. Avant, il n’y avait rien. Maintenant, c’est des bâtiments sans arrêt sur un kilomètre. Et on a beaucoup bâti pour les Russes.

– Les Russes viennent par ici ?

– Ils venaient par ici. Il y avait une ligne directe depuis chez eux jusqu’à Cancun. Alors, ils débarquaient en foule. Moi, j’ai dû apprendre du russe. Beaucoup de vocabulaire. Et puis, il y a deux ans de cela, la desserte aérienne s’est arrêtée. Je ne sais pas pourquoi. Du coup, les Russes, ont les voit moins.

– Et toi, tu es d’ici ?

– Oui, de Playa. Mais la ville est devenue très difficile. C’est compliqué pour un Mexicain de trouver un logement.

– Pour un étranger, tu veux dire ?

– Non, non, pour un Mexicain. Tout ce qui se trouve en bord de mer est devenu hors de prix. Y compris pour les gens d’ici. Alors, il faut s’éloigner, et trouver un logement parfois loin. La ville s’est beaucoup étendue à cause de ça.

Eh oui, le prix du mètre carré a les mêmes effets n’importe où dans le monde, et désormais même les trous à touristes ont leurs banlieues, comme n’importe quelle ville  bien de chez nous.

Légende sans légende

Légende sans légende

A table

A table

Mais nous ne nous attardons pas sur le littoral. Trop cher, trop toc. Après un bon déjeuner dans un quartier sans touristes, direction Coba, cité maya célèbre pour sa grande pyramide. Pas de miracle côté affluence, la faune est la même qui fait trempette dans les golfes plus très clairs. Mais la balade en vaut la peine. La forêt éloigne la touffeur de ce début d’été, même si nous ne pourrons pas escalader le grand monument pour être arrivés un poil trop tard.

Au pied de Coba

Au pied de Coba

Nous terminons la journée à Valladolid, après une trempette dans les eaux pures du cenote Samula à Dzitnup, les pieds doucement grignotés par de minuscules poissons attirés par les peaux mortes de nos arpions. C’est ça qui est bien dans la nature, rien ne se perd et tout le monde y trouve son compte.

cenote Samula à Dzitnup

cenote Samula à Dzitnup

Iglesia de San Bernardino de Siena, Valladolid

Iglesia de San Bernardino de Siena, Valladolid

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