Vers les étoiles

Chichen Itza est la plus connues de cités mayas. Curieusement, bien que la matinée de ce début d’été soit déjà assez bien entamée, peu de touristes sur place. Les marchands du temple sont déjà là, eux, et en nombre, imitant des cris de jaguar pour héler le chaland.

Au pied du temple

Au pied du temple

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La grande pyramide est fermée au public, depuis longtemps, mais je ne le savais pas, aussi restons-nous sagement au pied de l’édifice. J’entends dire que plusieurs décès ont eu lieu ici. Cela ne m’étonne pas : quand j’avais pu gravir cet escalier si raide, dans les années 2000, au moment de redescendre ce n’était pas du tout la même musique. La pente est si inclinée que la base du bâtiment chatouille le bout des orteils. La seule solution est de redescendre droit comme un I sans chercher à se pencher. Au moindre faux-pas c’est la chute finale. Le roc est dur, lisse, et si l’on souligne souvent que les Mayas dédaignaient l’usage de la roue, on oublie d’ajouter qu’ils méprisaient tout autant la rambarde. Ou alors, faut s’asseoir et progresser, marche par marche, vers le sol, le postérieur collé à la roche. On se doute bien tout ce que cette posture peut avoir d’humiliant pour qui a vu vingt fois Indiana Jones.

Mille colonnes

Mille colonnes

Gardien de pierre

Gardien de pierre

Chichen Itza, relativement épargnée par le tourisme (question de chance : en quittant les lieux, vers 11h00, les cars arrivaient bondés de visiteurs déjà en mode selfie), reste très vivable. C’est grand, ombragé par endroits, et l’on peut méditer sur cette croyance cruelle et tournée vers les astres si inintelligible pour nos esprits contemporains, méditation vite interrompue, il est vrai, par les vociférations de jaguar des marchands de toc.

Place d'Izamal

Place d’Izamal

Au couvent

Au couvent

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Izamal est présenté comme l’une des plus belles villes du Mexique. C’est vrai. Le mariage entre l’ocre et l’azur des cieux est une réussite. L’immense couvent desservi par des calèches alignées comme des jouets accueille une statue souriante de Jean-Paul II, qui vint donner une messe par ici (il y a longtemps. Mitterrand était encore au pouvoir, c’est dire). On sait combien les cartes postales sont trompeuses, mais là, honnêtement, tout pousse à conforter le visiteur de passage dans son illusion de goûter la placidité légendaire d’un dolce farniente tropical.

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Sur la place centrale, je croise un Mexicain en train de souffler dans un olifant. La phrase est bizarre, je l’admets, mais c’est la vérité vraie. D’accord, vous me direz que l’objet a été utilisé par Hannibal en traversant les Alpes à Roncevaux pour fuir Ganelon, tout le monde sait cela, mais quel rapport avec un Mexicain à Izamal ?

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Le réponse est donnée le soir-même. Un prêcheur évangéliste s’est installé dans le parc, tonitruant sa foi à une foule exaltée. De temps à autre, les types aux olifants font entendre le son archaïque de leur instrument, en relation avec je ne sais quel passage biblique évoquant un souffle divin. Le prédicateur vocifère un bref discours, et hop, les olifants se tournent au ciel, emplissant l’espace de leur cri enroué. Étrange. Et visiblement ça marche, tant les gens sont aux anges.

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