Cuba, premier contact

Cancún, 4h45 du matin. J’émerge de la courte nuit avec un horrible doute. Je ne me souviens pas avoir vu, dans nos papiers, les attestations d’assurance que j’avais imprimées en France. Ces attestations sont obligatoires pour entrer à Cuba. Je fouille. Rien. Et la navette pour l’aéroport est à la demie.

Je me sape, déboule au salon business du Marriott, démarre le PC et me connecte à mon compte gmail, retrouve les PDF et les imprime. Il est 5h28. La navette arrive et j’embarque in extremis avec famille, bagages et attestations fraîchement imprimées.

Aéroport de Cancún. « Montrez-moi votre carte touristique ». J’avais oublié cette formalité : avant de faire l’enregistrement pour le vol, chaque passager pour Cuba doit posséder ce formulaire. Zut. Encore une encombre. Qu’importe, le type m’arrache le passeport des mains, recopie mon identité sur un carton et zou, la carte est prête. Ses collègues en font de même avec le reste de la famille. « C’est vingt-cinq dollars. Ou vingt euros. Par personne. ». Il empoche les euros, me fait signer le carton et glisse la carte dans mon passeport. C’est fait, ça n’a même pas duré une minute. Jusque-là, on gère.

Les autres passagers ont d’étranges bagages. L’un transporte des parapluies repliés en gerbes. Un autre tire des sacs de fourchettes en plastique. Le vol est assuré par un Airbus A 320 étonnement confortable.

La Havane. La policière des frontières me fixe d’un regard sévère et me demande d’observer la plus stricte immobilité tandis qu’un œil électronique scanne ma face. Ne vais-je pas me faire refouler ? J’ai écrit des trucs sur Cuba il y a quelques années (qui ont rencontré le même succès que le reste de ma production : aucun). Par exemple, la Tour de la Havane, pseudo-critique d’un livre imaginaire, texte que j’imaginais alors pourvu de quelques qualités. Le récit aurait pu inscrire mon nom au bas d’une liste noire. Mais non. Je passe sans problème. Déception : mes écrits sont si peu lus que même les services de pays ultra-sécurisés les ignorent. Autre déconvenue : les assurances imprimées à l’arrache à Cancún ne servent à rien. Le tuyau était troué. Ou alors, tout le monde s’en fout éperdument.

Aéroport international José-Martí

Aéroport international José-Martí

L’aéroport de Cuba est tristoune. Plastique et lumières artificielles, style 70 flamboyants. Surprise, ce n’est pas la cohue redoutée, la foule est parsemée et les gens visiblement peu stressés. Je me dépêche à l’étage changer les pesos mexicains. C’est la première file d’attente que je fais dans ce pays où nous apprendrons vite que les choses vont à leur rythme. Il y a deux monnaies officielles. Le peso convertible, réservé aux touristes, vaut à peu près un dollar.

Un taxi nous propose de nous déposer à l’hôtel pour 25 pesos. Le tarif correspond à ce que nous avions envisagé. J’accepte.

Le type est un blanc. Sa nonchalance évoque le chic tropical des films des années 50. Je suis content de comprendre tout ce qu’il dit. Le parler cubain traîne sur certaines syllabes, escamote les s, chante avec modération et caresse doucement l’oreille. Au moins, je ne serai pas largué pour entendre les gens.

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