De Cuba à l’Île du Diable

La Havane est une ville splendide. Plusieurs de ses places sont remarquables. On devine, sous la crasse et les lézardes, l’intense beauté des ruelles du centre historique. Peut-être qu’un jour tout cela sera réparé, repeint, réhabilité. Nous pourrons alors contempler l’une des plus magnifiques cités d’Amérique latine.

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Il faut bien entendu se mettre dans la perspective où le pouvoir communiste aura disparu. La liberté ouvrira la voie aux entrepreneurs. On peut craindre qu’à cette occasion la ville soit transfigurée par les promoteurs aux dents longues. C’est évidemment un risque : que La Havane devienne une réplique tropicale d’Ibiza avec parties géantes et boutiques hors de prix. Contre la laideur, la liberté seule ne peut rien. Il faudra pour cela qu’une volonté politique s’affirme sans concession pour assurer la pérennité de ce joyau des tropiques.

J’entends déjà des bonnes âmes s’indigner de la puissance du dollar, prête à dévorer l’âme de ces vieilles pierres. Ces prophètes de malheur ont bien assez pleurniché sur les Allemands de l’Est qui allaient ployer sous le joug des intérêts financiers après la faillite de la RDA. Car il est bien clair qu’entre un monde gouverné par la Stasi et une société marchande, c’est du pareil au même, n’est-ce pas ? Ce serait risible si l’on ne parlait pas ici d’une prison à ciel ouvert où dépérit sous le soleil des Caraïbes une population innocente, une gigantesque Île du Diable claquemurant ceux qui eurent l’infortune d’être nés quelque part.

Acte de résistance

Acte de résistance

Je serais curieux de connaître le niveau de pollution de Cuba. L’océan est parsemé de débris. Où que l’œil se porte, il rencontre déchets de plastique, pneus usagés et autres bienfaits flottants de la société de non-consommation. Les autocars laissent dans leur sillon un nuage durable de matière noire. Les vieilles bagnoles donneraient des cauchemars à un agent du contrôle technique. Je ne sais pas combien de planètes il faudrait à l’humanité si tout le monde vivait à la cubaine.

Belles filles sur le tas d'ordures

Belles filles sur le tas d’ordures

Ce n’est pas une vaine question. Les pays les plus terrifiants pour l’environnement sont ceux à l’économie administrée. Quand les soviétiques vidaient consciencieusement la mer d’Aral et atomisaient pour des millénaires la Nouvelle-Zemble, l’écologie politique moderne naissait en Californie, fief de l’American Way of Life. Seule une société libre permet d’éviter que le monde ne se défasse : il faut pour cela que les consciences puissent s’exprimer et que le progrès technique s’épanouisse pour servir le bien commun.

Cauchemar en cuisine

Cauchemar en cuisine

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