Alerte à cap Kennedy

A Orlando, les filles veulent visiter des parcs Harry Potter. Soucieux des finances et de ma santé mentale, je m’abstiens. J’ai programmé pendant ce temps l’exploration de quelques boutiques d’occasion. Mauvais plan. Ce ne sont que d’énormes magasins de trucs à touristes, tee shirts bigarrés, mugs en veux-tu en voilà, magnets pour niais et aimants aussi abominables que minables. A croire que l’industrie de la breloque paye son homme, vu l’étendue de ces bazars oiseux.

Museum of Military History, Kissimmee

Museum of Military History, Kissimmee

Direction un musée de l’armée. On n’est jamais loin d’un tel endroit aux Etats-unis, et c’est toujours avec intérêt que je me replonge dans l’histoire – enfin, l’histoire vue d’ici. Très instructif. Je m’attarde sur le déroulement de la Guerre de Corée, cette gigantesque boucherie d’une époque bien oubliée où l’ONU était sans ambiguïté du côté des démocraties. Le musée du coin examine à tour de rôle les différents conflits depuis la guerre de sécession jusqu’à l’Afghanistan. Une bibliothèque bien fournie est même présente, avec salle d’étude au calme, sans doute à destination des scolaires.

Cap au Cap

Cap au Cap

 

Opération Kennedy. Nous retrouvons au Cap Canaveral l’exposition sur la conquête spatiale, que nous avions déjà vue il y a quelques années. Le simulateur de navette Atlantis est toujours aussi prenant. Attachés à un siège, nous vivons le décollage comme si c’était un vrai, tout en stupeur et tremblements, jusqu’à l’arrivée en orbite. On est secoué, translaté, retourné, moulu, avachi, écrasé, tourneboulé et ému. Un morpion coincé dans un vibromasseur ne doit pas ressentir autre chose.

Impossible de distinguer le haut du bas. L’illusion est parfaite. Je pense aux conseils qu’on donne aux victimes d’une avalanche, faire pipi pour voir où tombe le liquide, mais je prends sur moi de différer l’expérience. Le toit de la navette s’ouvre alors en plein sur la Corse. La Terre défile vers l’est pour présenter le profil de la botte italienne. « C’est la Floride ! » s’écrie un type derrière moi. Je sais bien que les Américains n’étudient pas la géographie en classe, mais quand même ! Ou alors c’est de l’humour local. Allez savoir, quand tout le monde s’esclaffe et pousse des cris enthousiastes pour un yes ou pour un no. Seul regret pour cette attraction extraordinaire, le retour sur Terre ne fait pas partie du spectacle. Moins spectaculaire que le décollage, sans aucun doute, mais abandonner comme cela les valeureux astronautes sur une orbite improbable a un goût de Space Odyssey sans l’éclosion finale.

Atlantis, mythique navette

Atlantis, mythique navette

Très peu de choses sur les réalisations spatiales de l’URSS, si ce n’est pour opposer l’ingéniosité de la NASA à la « force brute » des soviétiques. Une histoire qui se répète avec constance : les Etats-unis sont complètement dépassés, partent de zéro, essuient échec humiliants, parviennent par leur habileté à relever tous les défis et remportent le pompon haut la main. C’est grosso modo le scénario de tous les Rocky, sauf le premier. Une telle assiduité dans la réussite a quelque chose d’humiliant, et doit bien avoir sa petite part dans le sentiment général d’anti-américanisme.

Vers l'infini et au-delà

Vers l’infini et au-delà

La séance à l’Imax tourne court. Le documentaire commence pour s’interrompre au bout de trente secondes. La pellicule a sauté, comme dans un ciné de sous-préfecture. Une employée d’un certain âge apparaît (ici, beaucoup de vieux travaillent, quand chez nous ils auraient l’âge de regarder Derrick) et annonce à une foule ébahie que le spectacle est interrompu pour la journée. Tout le monde dehors ! Ah, vraiment, bravo, le temple de la technique ! La masse de visiteurs se dirige en maugréant vers la sortie, gamin braillard dans une main et énorme pot de pop-corn dans l’autre. Je me demande un instant si je ne vais pas attaquer en justice le Centre Kennedy en faisant appel à l’un de ces innombrables avocats dont le portrait rigolard égaie les trajets autoroutiers.

Alan Shepard, premier Américain dans l'espace

Alan Shepard, premier Américain dans l’espace

L’Astronaut Hall of fame, sponsorisé par Boeing (merci M. Boeing !) offre un spectacle en deux temps. Un long exposé sur le thème des héros. Ah ça, ils en ont des héros dans ce pays, et ils savent y faire pour nous en tartiner, hein, des Crockett, des Shepard, des Edison et tutti quanti (au fait, à quand un musée sur les héros bien de chez nous ? Les Jean Bart, les Clostermann, les de Broglie ?) Et puis, un spectacle en 3D qui nous console de la mésaventure de l’Imax, avec effets de vent quand le Thunderjet puis le Sabre viennent casser du Mig. Oui, encore le ciel de Corée.

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